14 jours
C’est comme si tu avais ouvert en moi un espace de bonheur qui s’est rempli de toi, de choses avec toi, de temps partagé et de discussions imaginaires. Un monde où je suis avec toi partout, quand je range ma salle de bain, quand je cuisine, quand je conduis.
Depuis que je sais que tu n’existeras pas dans cet espace, il saigne. Un peu comme un utérus qui 14 jours durant aurait préparé un nid, qui non fécondé se désagrège en saignant.
14 jours… peut-être est-ce le temps nécessaire pour que ce nid disparaisse, qu’il arrête de saigner, que j’arrête de sentir ce creux dans ma poitrine comme un vide qui succione de l’intérieur cet espace resté béant, infécondé.
14 jours.
Le nid doit se reconstruire, se fortifier, se nourrir pour se remplir à nouveau, prêt à accueillir de nouveau, prêt à se féconder de quelque chose de nouveau, pour concevoir, créer, selon sa fonction.
C’est aujourd’hui.
Aujourd’hui je reconstruis.